Un porte-pique pour jouer debout

Voilà une commande originale qui illustre remarquablement bien le processus de réalisation de numerunique.

Cette commande a été soumise par un contrebassiste professionnel qui possédait déjà un porte-pique de numerunique (le modèle à quatre trous) dont ll était tout à fait satisfait tant qu’il jouait assis. Et puis il eut de plus en plus souvent à jouer debout…

D’où sa nouvelle demande pour un autre modèle utilisable sans attache et, idée aussi originale qu’ingénieuse, avec une « caisse de résonnance ».

C’est précisément la bonne manière de soumettre une demande à numerunique : un objectif clair et toute latitude pour y répondre.

La réponse a d’abord pris la forme d’images de synthèse présentant le projet :



La validation du projet aura été beaucoup plus simple que sa concrétisation.

Il est intéressant de souligner ici que la production d’objet assistée par ordinateur est finalement aussi rigoureuse qu’aléatoire. Rigoureuse car les consignes d’usinage sont précises, mathématiquement. Aléatoire car dès que l’on aborde le monde réel, on affronte les imprévus, les limites de précision des machines, les incidents, les particularités d’une pièce de bois qui est, par essence, unique, bref tout ce qui fait le charme d’une réalisation concrète.

Et la réalisation de ce projet fut particulièrement semée d’embûches.

A commencer par le prototype d’usinage, réalisé sur une chute de bois plus tendre, qui a échoué sur une panne de fraiseuse : la rotation de la broche s’est interrompue mais pas son déplacement. Ce qui donne un exemple d’arrachage de bois :

Avec une autre stratégie d’usinage la panne semblait surmontée et la fabrication reprise sur le bois choisi pour réaliser la pièce finale. Malheureusement, l’usinage échoua plus loin, toujours avec un arrêt de rotation de la broche avec poursuite du déplacement, en plus d’un décalage de position :

La fabrication fut reprise avec une autre machine. Et là, un ajustement de la position du capteur d’outil fit perdre la référence de position verticale avec pour conséquence un trou non voulu :

A la troisième reprise de la fabrication on aboutit enfin au résultat techniquement prévu :

Ce porte-pique pour jouer debout a été ensuite confié au contrebassiste pour une évaluation en situation d’usage : validé !

Cependant, la fabrication d’un tel objet est loin d’être triviale. On peut en avoir un aperçu sur ces vidéos d’usinage :

  • évidement de la « caisse de résonnance » :
  • finition de surface :

Au total, il faut plus d’une douzaine d’étapes et de nombreuses interventions manuelles pour produire ce porte-pique pour jouer debout. Ce qui en fait un objet relativement coûteux, totalement incompatible avec une production en masse.

 

 

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